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Vu aux 20 ans de la ferme expérimentale bio en Anjou

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Trois sujets de réflexion ont retenu notre attention : semer des prairies temporaires tardivement en octobre ; la haie : aussi nutritive que RGA et luzerne ; des bœufs limousins bio à 500 kg de carcasse à 32 mois.

La ferme expérimentale en polyculture élevage de Thorigné d’Anjou est l’unique ferme expérimentale conduite intégralement en AB dans le Grand Ouest. Elle conduit un troupeau allaitant en race limousine dans une zone à potentiel pédo-climatique limité, au nord d’Angers. Ses travaux concernent essentiellement la conduite des associations céréales et protéagineux, les collections variétales de céréales, les performances du troupeau allaitant, les prairies à flore variée.

Semer des prairies temporaires tardivement en octobre

A Thorigné, les prairies à flore variée sont semées en octobre sous couvert d’un méteil. Le semis de la prairie a lieu le même jour que le semis de la culture d’hiver avec un semoir à double caisson. Cette pratique montre que la période de semis d’une prairie avec des légumineuses peut déroger aux plages traditionnellement préconisées d’août et de début septembre pour préserver les légumineuses pendant l’hiver. Les prairies sont réussies même lors d’une récolte en grain de l’association triticale et pois fourrager, alors qu’en Normandie, on a montré plusieurs fois que la présence d’une culture « couvert » étouffante et longue défavorise la réussite de l’implantation de la prairie. D’autres travaux à Thorigné sur la dose de semences montrent que 20 kg/ha en prairie à flore variée donnent d’aussi bons résultats que les 25 à 35 kg souvent préconisés.

La haie : aussi nutritive que RGA et luzerne

Les feuilles de haies et de broussailles peuvent être consommées par les troupeaux de bovins. L’INRA de Lusignan montre que de nombreuses feuilles d’arbres ou de plantes semi-ligneuses (jeunes ronces, aubépine, prunellier, noisetier, frêne…) ont des valeurs de digestibilité et de teneur en protéines proches du ray-grass anglais et de la luzerne ! Cela ouvre les perspectives de l’utilisation des ligneux dans les systèmes fourragers, d’une solution pour pallier les pénuries fourragères et limiter les stocks en fourrage.

Des bœufs limousins bio à 500 kg de carcasse à 32 mois

L’itinéraire technique repose sur un régime herbe pâturée et herbe stockée, avec peu de concentré jusqu’à l’âge de 27 mois. Par contre, les 5 derniers de finition recourent à une distribution massive de concentré fermier à base de triticale et pois, à hauteur de 6 kg par jour, qui complémente l’herbe enrubannée. La distribution de concentré fermier représente 1 à 1,2 t par bœuf. Les efforts de sélection génétique portent leurs fruits au vu des résultats techniques et économiques. Les animaux sont conformés U- et valorisés à 5 €/kg de carcasse par Unébio. Dans ces conditions, la marge brute par bœuf et par hectare de surface fourragère est de 1 000 €.

 

 

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