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Pas d’exception pour les saints de glace !

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Semaine 20 - Avec 15 jours / 3 semaines de retard, le pic de croissance se profile à l’horizon. Attention à la gestion des premiers épis.

Une croissance au ralenti

Les croissances ont ralenti sur la majorité des sites normands avec les températures fraîches en semaine 19. La moyenne régionale s’élève à 55 kg MS/ha/jr. Pour couvrir les besoins en 100% pâturage, il faudrait 31 ares accessibles par vache. Avec en moyenne 13 jours d’avance sans complément, les stocks sur pied sont très hétérogènes sur la Région, allant de 4 à 29 jours.

L’enjeu : maîtriser la vitesse de rotation

La saison de pâturage a commencé tôt mais la croissance est restée inférieure aux normales. Aujourd’hui, il faut encore respecter des rotations de 26-28 jours sur certains secteurs. Revenir plus vite impliquerait qu’il n’y aurait pas eu le temps nécessaire pour assurer la repousse ou que la parcelle aurait été sous-pâturée au cycle précédent. Dans le premier cas, sans augmentation de la surface ou de la ration à l’auge, les stocks par parcelle et à l’exploitation diminueront progressivement. Les conditions météo annoncées devraient amener au pic de croissance annuel. Il faudra alors recréer les stocks ou accélérer la rotation. L’enjeu sera également de maîtriser le pâturage sur les parcelles qui épient.

A vos diagnostics !

L’heure du diagnostic prairial est arrivée. L’occasion pour les éleveurs de reconnaître les espèces présentes sur leur exploitation (avec ou sans épis) et de décider s’il y a lieu de rénover des prairies et la manière de les rénover. Les rendements mesurés par parcelle sont également un indicateur supplémentaire.

Témoignage

GAEC du Grand Hazé, Bellou en Houlme (61)

Cette année, les conditions saines de début de saison nous ont permis de ne pas dégrader les prairies. Avec une herbe non souillée, les refus sont quasi inexistants. Même avec des croissances modestes pour l’instant, les 30 à 35 ares/VL fournissent une herbe de qualité en quantité suffisante pour couvrir l’ingestion des animaux depuis le 10 avril. Avec les pluies récentes et la remontée des températures annoncée, nous sommes sereins. Notre circuit de pâturage est désormais rodé et nos repères acquis…

Un de nos axes de travail se porte désormais sur notre adaptation au changement climatique. Certes, nous devons adapter les espèces à implanter dans les prairies, mais avec des étés de plus en plus chauds, nous devons anticiper le bien-être de nos animaux. Le stress thermique est atteint dès 25°C sur les laitières et c’est de plus en plus fréquent et durable ces dernières années. C’est pourquoi nous réimplantons depuis quelques années des linéaires de haies qui permettent aux vaches de se protéger des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents (dès le mois de juin l’année dernière) tout en continuant à valoriser les prairies.

Au-delà de zones ombragées pour le cheptel, les haies ont bien d’autres atouts. Elles sont source de revenu avec le développement de la filière bois. Elles créent un microclimat dans la parcelle qui favorise une pousse plus précoce. Elles contribuent à maintenir une biodiversité. Et plus encore…

Emilie Turmeau, ELVUP