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Actualité

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Les années se suivent mais ne se ressemblent pas

Semaine 15 - Malgré des croissances faibles et des portances de sols souvent limites, les vaches goûtent enfin à l’herbe dans une majorité des sites de l’Observatoire. L’enjeu sera de réaliser un déprimage de qualité.

Des croissances ralenties

Avec une fin d’hiver humide et fraîche et un début de printemps qui l’est tout autant, les croissances sont exceptionnellement basses. Seulement un quart des sites de l’observatoire atteint plus de 40 kg de MS/ha/jr, moyenne sur 15 ans dans l’Orne pour la même période.

 

Des situations en élevage très variées

Les stocks d’herbe sur pied augmentent doucement pour atteindre 11 jours d’avance en 100 % pâturage en moyenne. Des élevages présentent des stocks très faibles avec 3 jours d’avance alors que d’autres cumulent des stocks pour atteindre jusqu’à 24 jours d’avance.

En parallèle, le nombre de mises à l’herbe progresse. Cette semaine, 4 élevages sur 5 ont mis les vaches à l’herbe. Mais ce constat cache de fortes différences. La part de la ration à l’auge reste élevée dans une majorité des élevages puisque les vaches sortent pendant un temps limité. 8 sites ont plus de 90 % de la ration à l’auge. 7 donnent entre 50 et 90 % à l’auge. La part d’herbe pâturée représente plus de la moitié de la ration sur 4 sites. Ce ne sont pas nécessairement des sites avec des stocks d’herbe élevés qui ont les rations les plus riches en herbe pâturée.

Un temps de pâturage limité pour un maximum d’ingestion d’herbe

Les faibles portances des sols, parfois combinées à de mauvais chemins d’accès a retardé la mise à l’herbe et pourraient limiter la qualité du déprimage.

Malgré tout avec le radoucissement des températures et les quelques journées ensoleillées annoncées, il faut s’attendre à un boom des croissances. Mieux vaut donc prévenir la hausse de stock prévisible en consommant au mieux l’existant.

En limitant la durée de pâturage à quelques heures, les vaches adaptent leur comportement et maximisent l’ingestion d’herbe par heure de pâturage. En conditions humides, cette technique peut permettre d’espérer une ingestion de plus de 2kg de MS d’herbe /heure d’accès si le temps d’accès est inférieur à 4h.

Malgré tout, un état des lieux des stocks  d’herbe sur pied devrait être fait pour envisager des fauches précoces si les stocks sont élevés pour ne pas se laisser déborder dès la fin avril.

 

SystèmesCoût alimentaireCoût de concentré (en e/1 000 l)Coût fourrages (en e/1 000 l)Fourrages distribués (kg MS / Vache / jour)Jours d'avance avec fourrages compl.Jours d'avance sans fourrages compl.
Lait > 15 ares734132138813
Lait > 30 ares694128107412
Lait > 45 ares52262572813
Viande5-13

 

 

Témoignage

Gilbert SOLLIER - Montgaroult (61)

"Je suis installé depuis 2009 sur une exploitation de 73 ha dont 43 ha d’herbe. Le troupeau mixte de 45 vaches pour une référence de 323000 litres en AOC valorise 25 ha à lui seul.

Pour moi, le pâturage c’est un plaisir visuel et économique !
Tout d’abord, j’aime voir mes vaches pâturer !

Ensuite, je souhaite m’affranchir du correcteur azoté et abaisser mon coût alimentaire annuel sous le seuil des 50€/T de lait. Pour cela, mon objectif est, entre autres, de viser au minimum 3 mois de fermeture de silo. Cela passe par un déprimage précoce et en bonnes conditions mais pour le moment ce n’est pas envisageable au vu des conditions climatiques.

Cette année confirme mon idée que la gestion de l’herbe nécessite une remise en question permanente."

Emilie TURMEAU  - ELVUP