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Aphanomyces du pois : une maladie qui s’anticipe !

Aphanomyces du pois : une maladie qui s’anticipe !

En cette période de récolte, l’assolement pour la campagne prochaine est en cours de finalisation. Mais avant de choisir d’implanter un pois, avez-vous pensé à réaliser un test « Aphanomyces » ?

Qui est Aphanomyces ?

Aphanomyces (Aphanomys euteiches) est un champignon d'origine tellurique qui se conserve jusqu'à 20 ans dans le sol. Lorsque les conditions climatiques sont favorables (pluviométrie importante et températures moyennes > 15°C), le pathogène, attiré par les exsudats racinaires, colonise les racines du pois. Celles-ci deviennent brunes et molles, les nodosités ne sont plus fonctionnelles.

En végétation, la maladie apparaît le plus souvent sous forme de foyers au sein desquels les plantes sont nanifiées et jaunissantes.

La sévérité de la maladie dépend de 4 facteurs : 

  • la quantité d’inoculum dans le sol (PI), 
  • les conditions climatiques (présence d’eau et de températures douces), 
  • le stade de développement de la plante au moment de l’attaque : plus la plante est jeune plus elle est sensible au champignon ; passé début floraison, le risque de contamination de vient moindre.
  • la réceptivité du sol : les sols calcaires sont beaucoup moins réceptifs.

Une maladie qui s’anticipe

Afin de connaître l’état sanitaire de votre parcelle, il est important de réaliser avant le semis un test Aphanomyces, qui consiste en un prélèvement de terre à réaliser pour 3ha max. Ce prélèvement est ensuite à adresser à un laboratoire agréé. Vous trouverez tous les renseignements et contacts nécessaires sur le site de Terres Inovia, rubrique maladies du pois / Aphanomyces. 
Vous recevrez sous 2 mois le résultat, sous forme d’une note allant de 0 à 5, qui doit être interprétée ainsi : 

test Aphanomyces

Autres légumineuses sensibles à Aphanomyces

Plusieurs espèces de légumineuses sont sensibles à Aphanomyces : le pois, la lentille, la luzerne et la gesse sont hôtes du pathogène.
En revanche, la féverole, le lupin, le pois chiche, le fenugrec, le soja, le sainfoin et le lotier sont non hôtes ou très résistants. Ils ne multiplient pas l’inoculum. 
Enfin, concernant le trèfle et la vesce, la sensibilité dépend de la variété.  

Couvert, dérobés, plantes compagnes… Comment gérer le risque Aphanomyces à l’échelle de la rotation ?

Le cycle du pathogène est très rapide (quelques semaines suffisent pour multiplier l’inoculum en conditions optimales) et les conditions climatiques peuvent être favorables au développement de la maladie entre mars et fin octobre.

Les légumineuses semées à partir de fin juillet-début août et détruites avant la fin de leur cycle végétatif durant l’hiver (ex. des couverts d’interculture ou des colzas associés à des plantes gélives) ou semées au printemps (ex. de plantes compagnes, à vocation permanente ou non) peuvent donc multiplier le pathogène même si leur cycle cultural est court.

Le choix de l’espèce ou de la variété est donc également important : 

  • Lorsque le PI est inférieur à 1 et qu’il n’existe pas d’espèce sensible en culture principale dans la rotation, il n’y a pas de restriction. 
  • A l’inverse, si le PI est supérieur à 1 ou si des légumineuses sensibles sont présentes dans la rotation en culture principale (pois, lentille …), il est recommandé de choisir des espèces/variétés non hôtes ou très résistantes (féverole,...). Il est par exemple fortement déconseillé d’insérer du pois, de la lentille ou toute autre espèce sensible quand ces dernières sont déjà en culture principale. En revanche, le risque de multiplier le pathogène est faible pour les légumineuses semées à partir d’octobre et détruites avant la fin de l’hiver.

Quel que soit le type de couvert, le respect des fréquences de retour conseillées est indispensable, même pour des variétés très résistantes. 

fréquences de retour conseillées

Suivez l’état sanitaire de vos cultures à travers la publication des Bulletins de Santé du Végétal, consultables gratuitement sur les sites internet de la DRAAF, des partenaires techniques et des Chambres d’agriculture de Normandie.