Semis profond contre les étourneaux

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Les étourneaux sont une menace concrète sur certains secteurs. Difficiles à contrôler, ils peuvent fortement impacter une récolte de céréales.
La population d'étourneaux présente sur la tourbière de Baupte est aujourd’hui estimée à 500 000/550 000 individus par la FDGDON de la Manche (Fédération Départementale de Défense contre les Organismes Nuisibles).

La réponse est-elle dans le semis profond ?

Ces oiseaux s’abattent sur les semis d’automne et consomment le grain semé, entrainant ainsi d’importants dégâts qui impactent le rendement final. En semis superficiel la longueur du bec de l’étourneau suffit à attraper la graine en germination, tandis qu’en semis plus profond l’oiseau n’a pas le bec assez long pour prendre la graine. Mais avant de rendre les ressources alimentaires moins accessibles aux étourneaux, il est nécessaire de vérifier que la culture puisse se développer sans trop de difficultés. Le semis de céréales est généralement préconisé à 2-3 cm de profondeur pour éviter d’obtenir des plantules en mauvaise santé, voire des pertes à la levée. D’autre part, les céréales ont aussi une capacité à taller qui peut leur permettre de compenser des densités de levée plus faibles.

Un essai mené en 2016

Compte tenu des conditions météorologiques exceptionnellement sèches et douces de l'automne 2015, il n’a pas été possible de mettre en avant des différences de comportement variétal. Lors d’une année climatique favorable à la levée, le semis en profondeur n’engendre pas de pertes de rendement.

Découvrez le détail de cet essai.

Un effet variétal à identifier

L'essai a été mis en place en 2016 sur le secteur de Gorges – Plessis-Lastelle. L’objectif est double :

  • étudier le comportement du blé semé plus profondément dans les sols du secteur de Baupte ;
  • étudier le comportement de plusieurs variétés de blé.

L’hypothèse concernant les variété est que plus le poids de mille grains est élevé, plus le coléoptile aura de ressources pour sortir de terre. Une variété de triticale a aussi été insérée dans le lot pour vérifier l’intérêt de cette culture, connue par sa rusticité.

Chacune des variétés a été semée à deux profondeurs différentes :

  • Semis classique : < 2cm
  • Semis profond : > 3-4 cm

 

NOTE : Afin de limiter le champ de l’étude aux aspects agronomiques, l’essai a été protégé des attaques des étourneaux par des dispositifs d’effarouchement. Une clôture électrique a également été mise en place mais elle n'a pas empêchée une incursion de sangliers qui a endommagé la zone de l’essai où la variété "Cellule" avait été semée à 2cm. Cette modalité a donc été exclue des observations.

Levée

Aucune différence significative n’est constatée entre semis profond et superficiel. Les conditions automnales ont été en effet particulièrement favorables à la levée avec un temps exceptionnellement sec et doux.

Maladies

Au stade 1-2 noeuds du blé (avant traitement fongicide) les notations maladies ne montrent pas de différence significative entre les deux modalités de semis. Cependant il faut signaler une forte attaque de rouille jaune sur la variété Grapeli, d’oïdium sur triticale et la présence plus ou moins forte de septoriose sur les blés.

Rendement

Environ dix jours avant la récolte un orage provoque la verse de la plupart des bandes. Restent debout le triticale, la modalité Hybéry 4 cm (qui était protégée par le triticale) et le mélange.

En termes de rendement, la seule différence significative entre les deux profondeurs de semis est enregistrée pour la variété Hybéry, où le semis profond obtient 81 q/ha contre 75.6 pour le semis à 2 cm. Ce résultat inattendu est toutefois biaisé par la verse qui a touché la bande en semis superficiel et pas celle en semis profond.

Par ailleurs, l’hypothèse que ce soit le gros PMG à favoriser le semis profond est contredite par un résultat inverse dans le cas de Rubisko, autre variété à gros PMG (entre parenthèse dans le graphique ci-dessous), où le semis superficiel obtient un meilleur résultat (non significatif du point de vue statistique.

D’un point de vue strictement variétal le meilleur rendement est atteint par le mélange des 5 variétés, qui est cependant semé à une densité plus élevée. Suivent Rubisko et Fluor, puis Hybéry et, très loin, Grapeli. Présent seulement dans la catégorie 4 cm, Cellule obtient aussi l’un des meilleurs résultats.

Avec la participation financière du FEADER et du Conseil Régional de Basse Normandie

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